Faire des devis fait partie des métiers du bâtiment.
Sans devis, pas de travail. Sans travail, pas d’argent.
Le problème, ce n’est pas de faire des devis mais plutôt quand on commence à y passer ses soirées, ses week-ends ou ses pauses… pour des devis qui ne seront jamais signés.
Là, on n’est pas sur un problème de motivation ou de volume de travail.
On est sur un problème de rentabilité et de système. Et j’en ai vu beaucoup, autour de moi, s’enfermer là-dedans.
Soyons clairs tout de suite : on ne peut jamais être sûr à 100 % qu’un devis sera signé, c’est impossible.

J’ai vécu les deux situations :
- Des clients avec qui le courant passait parfaitement, où je me disais “là, c’est sûr”… et derrière, plus aucun signe de vie.
- Et à l’inverse, des rendez-vous un peu étranges, où je n’étais pas très confiant, et qui se sont finalement très bien conclus.
Donc non, il n’existe pas de radar magique.
Premier signal d’alerte : quand le prix devient une obsession
Quand la seule question de ton potentiel client est :
“Combien ça va coûter ?”
avant même que tu sois passé sur place, il faut faire attention.
En rénovation, donner un prix à la louche au téléphone est quasiment impossible.
Chaque chantier est différent. Chaque installation, chaque contrainte, chaque reprise de travail d’un ancien artisan peut tout changer.
De mon côté, j’explique systématiquement que je ne peux pas donner un prix sérieux sans avoir vu.
Pas pour embrouiller le client, mais parce que c’est tout simplement impossible.
Et surtout parce que je ne veux pas jouer au jeu du juste prix, “qui sera le moins cher”.
Un devis existe pour une raison. Et je sais ce que je vaux.
Bien sûr, avec les années, j’ai des ordres de grandeur en tête.
Si la personne insiste vraiment, je donne parfois une fourchette très large, en précisant bien que ça peut être plus… ou moins.
Mais dans ces cas-là, il arrive souvent qu’après l’envoi du devis, il n’y ait plus aucun retour. Même avec des relances.
Ce n’est pas un hasard…
Le budget : un filtre nécessaire (pas un jugement)
Il y a des situations où je sais presque à coup sûr que le devis ne passera pas.
Typiquement, des jeunes couples qui viennent d’acheter un appartement ou une maison, très endettés, avec beaucoup de travaux à prévoir.
Ce n’est pas un jugement. Je les comprends parfaitement.
Mais je sais aussi que notre niveau de prestation et de prix ne correspond pas à leur réalité à ce moment-là. Malheureusement…
Aujourd’hui, quand je sens que c’est flou, je pose la question du budget.
Au début j’étais gêné de poser ce genre de question, car pas trop à l’aise.
Mais pour éviter de perdre du temps des deux côtés, c’est la meilleure solution, on arrête de tourner autour du pot.
Ce tri en évite beaucoup de devis inutiles.
La première impression est la plus importante
S’il y a une chose dont je suis sûr aujourd’hui, c’est que la signature se joue bien plus lors du rendez-vous que sur le devis lui-même.
Le devis n’est que la conséquence de ce qui s’est passé avant.
La première impression est la plus importante.
Déjà, il y a le respect de base : arriver à l’heure, ou prévenir immédiatement en cas de retard. Ça paraît évident, mais ce n’est pas si courant.
Ensuite, il y a tous ces détails qui n’en sont pas vraiment.
Avant d’entrer chez les gens, je mets systématiquement des surchaussures. C’est tout bête, mais on me remercie très souvent avant même que je sois entré.
Dans une salle de bain, avec des tapis, une douche, des meubles, c’est essentiel.
Quand je dois ouvrir un tiroir ou un meuble, je demande toujours l’autorisation.
Ce sont des espaces intimes.
Et surtout, j’explique.
J’explique ce que je vois, pourquoi ça pose problème, comment ça fonctionne, ce qui peut être fait.
Tout ça montre ton expertise, ta capacité à analyser et surtout, en comprenant, les clients voient que tu es là pour faire les choses correctement, ils ont moins peur et comprenne que t’es pas là pour les arnaquer.
La confiance se construit là. Et sans confiance, il n’y a pas de signature.
Transparence et prix assumés = crédibilité
Pendant longtemps, j’étais pas à l’aise avec les prix.
On avait un taux horaire “comme ça”, hérité de ce qui se faisait depuis des années, un peu calqué sur les autres aussi.
Et quand ça commençait à parler argent, je n’étais pas à l’aise.
Tout a changé le jour où j’ai réellement travaillé sur notre taux horaire.
J’ai créé un tableau et j’ai tout calculé.
Quand tu sais exactement pourquoi ton prix est ce qu’il est, tu ne bégayes plus.
Tu sais que ce tarif correspond :
- à tes charges
- à la qualité de ton travail
- à la réalité de ton entreprise
- et à ta capacité à être encore là dans les prochaines décennies
Et si un client trouve que c’est trop cher, je lui dis simplement qu’il est libre de comparer.
Très souvent, ils reviennent plus tard… après une mauvaise expérience ailleurs, je l’ai observé plusieurs fois.
Produire les devis sans y laisser sa rentabilité
Même avec une bonne sélection et de bons rendez-vous, il reste un autre point qui peut plomber la rentabilité : le temps passé à faire les devis.
Et mes amis, nous avons une arme très puissante, l’intelligence artificielle.
J’ai créé ce qu’on appelle un GPT via ChatGPT, je dicte à l’oral tout ce que j’ai vu sur le chantier, ce qu’il faut faire et j’obtiens un brouillon très propre, conforme à ma façon de faire des devis.
Je n’ai plus qu’à vérifier, ajuster et à copier/coller dans mon logiciel de devis.

Résultat :
des devis clairs, détaillés, envoyés rapidement, souvent sous 24 à 48 heures.
Le client est encore dans la dynamique du rendez-vous. Il se sent considéré.
Et surtout, je ne vis plus le devis comme une corvée interminable et chiante comme la pluie.
Le plus grand tueur de devis : l’absence de suivi et de relance
On parle beaucoup du devis, mais on oublie souvent ce qui se passe après.
Combien de devis envoyés sans jamais être relancés ?
Laisser un devis sans réponse, c’est accepter de se faire ghoster et de perdre de l’argent sans rien dire.
Sans suivi, tout le travail fait précédemment ne sert à rien.
Pour se faire j’ai un suivi par tableau qui me dit exactement quand faire une relance. J’ai créé via l’IA des mails de relance type, parfaitement humain, professionnelle et sans harceler.
Très souvent, ça fonctionne, ça permet de rattraper quelques devis.
En conclusion : moins de devis, mais de meilleurs devis
Le problème des devis non signés n’est pas qu’un problème de prix. C’est un problème de confiance, de posture, de clarté et de système.
- Plus tu sais pourquoi tu fais tes prix, plus tu inspires confiance.
- Plus ton rendez-vous est professionnel et humain, plus le devis devient une formalité.
- Plus ton process est structuré, moins tu travailles pour rien.
On ne signera jamais 100 % des devis.
Et ce n’est pas l’objectif.
L’objectif, c’est de ne plus subir les devis, mais de les maîtriser.
Pour protéger ta rentabilité, ton temps, ton entreprise et ta famille sur le long terme.
Et toi quels conseils peut tu nous donner sur ta création de devis ?
